Ostéopathie

Une articulation complexe.

Dans sa fonction essentielle, le genou articule la cuisse avec la jambe. C’est lui qui nous permet de fléchir, jusqu’à nous accroupir, taper dans le ballon, il est clé dans la marche, la course et même la station debout. Anatomiquement, le genou est composé de trois articulations :

- Le tibia avec le fémur via deux ménisques ;

- La patella ou rotule avec le fémur ;

- La fibula ou péroné avec le tibia ;

Source : Wikipedia

Le genou autorise de grandes amplitudes articulaires en flexion extension mais doit aussi permettre de porter le poids de notre corps. Ainsi, contrairement à l’épaule qui présente une grande mobilité mais pas de poids à supporter, le genou est doté d’un système de contention, amortissement et glissement sophistiqué. Tout d’abord, l’articulation fémoro-tibiale est maintenue par des ligaments puissants : les deux ligaments croisés (antérieurs et postérieurs) placés en pivot central, et les ligaments collatéraux tibial et fibulaire qui assurent une contention par voie latérale. Dans son mouvement de roulement glissement en charge, le fémur s’appuie sur deux ménisques, structures cartilagineuses, permettant un meilleur amortissement et un meilleur glissement articulaire. Les ménisques ont une mobilité limitée par des ligaments propres insérés sur le plateau tibial.

L’articulation fémoro-patellaire (avec la rotule) assure la transmission de la force d’extension du quadriceps au tibia, elle participe également à la stabilité du genou. La patella effectue un mouvement de glissement sur le fémur en contention via les tendons du quadriceps.

Enfin, l’articulation tibio-fibulaire supérieure, à proximité du genou, est en fait un relais biomécanique de la cheville. Elle assure la transmission des efforts de la cheville et de la jambe en synergie avec l’articulation tibio-fibulaire inférieure.

Les douleurs du genou :

Le genou est une articulation fréquemment objet de traumatismes. On compte parmi les plus spectaculaires les chutes de ski où la cheville est fixée dans la chaussure et le genou est contraint à des amplitudes articulaires extrêmes pouvant aboutir à l’arrachement de certains ligaments dont le tristement célèbre ligament croisé antérieur. Moins spectaculaire, les ménisques peuvent être lésés par des mouvements en rotation flexion/extension en charge. La douleur est alors intense, le genou en général se bloque en flexion douloureuse, il reste douloureux après la récupération de la mobilité surtout en charge.

Le genou peut aussi être douloureux sans traumatisme. Une douleur antérieure, accentuée par la position assise prolongée ou par les escaliers, est souvent le signe d’un syndrome fémoro-patellaire. Il peut s’installer progressivement, il apparaît généralement sans facteur déclenchant identifié. Les ménisques peuvent aussi être lésés en dehors d’un traumatisme. On parlera alors de dégénérescence. Elle est souvent associée à une surutilisation (sport, activité professionnelle) induisant des micro-traumatismes mais pas uniquement. En effet, la conformation anatomique des membres inférieurs, détermine le type et la localisation des contraintes transmises au genou au court de l’effort ou en position statique. Les genu valgum (genoux en X) peuvent favoriser un déport de la patella vers l’extérieur et donc une usure prématurée de cette articulation si aucune mesure n’est prise. Cette morphologie majore également l’appui sur la partie externe de l’articulation fémoro-tibiale augmentant la pression sur le ménisque externe.

Par ailleurs, le genou peut être le siège d’arthrose. La douleur sera alors augmentée par la marche, elle apparaît progressivement et a tendance à augmenter dans le temps. Certaines douleurs du genou sont le fait d’une atteinte rhumatismale, la douleur est présente au petit matin, elle s’accompagne d’une raideur articulaire. Elle peut être associée à des douleurs d’autres articulations.

Enfin, il existe des douleurs de genou sans souffrance du genou lui-même. C’est alors au praticien de déterminer quelle structure est à l’origine de cette douleur.

Le genou et l’ostéopathie

Les indications de l’ostéopathie pour les douleurs de genou sont nombreuses. L’ostéopathe peut prendre en charge la majorité des douleurs de genou non lésionnelles, ainsi que certaines séquelles de traumatismes. De même, les syndromes fémoro-patellaires quand ils sont le reflet d’un déséquilibre biomécanique du membre inférieur, souvent en lien avec le bassin peuvent trouver une résolution. Il existe également des techniques permettant un soulagement des douleurs d’origine méniscale par une mobilisation précise de l’articulation fémoro-tibiale et des articulations en rapport visant à une meilleure répartition des contraintes.

Enfin, quand la douleur du genou n’est pas causée par le genou lui-même, l’ostéopathe dispose d’un arsenal de tests et techniques pour identifier la cause de la douleur. La hanche, le bassin, la cheville peuvent être à l’origine de douleurs du genou par leur lien biomécanique ou neurologique. Les causes peuvent être multiples, récentes ou anciennes. C’est en traitant les dysfonctions recensées en lien avec cette douleur que celle-ci pourra céder.

En revanche, l’ostéopathe n’intervient pas sur les ruptures ligamentaires. Il ne peut pas non plus « réparer » les ménisques. Les atteintes lésionnelles quelles qu’elles soient sont du ressort de la médecine orthopédique. Les maladies rhumatismales font l’objet de prise en charge spécifique en rhumatologie. La kinésithérapie a également un rôle important à jouer dans de nombreuses douleurs de genou.


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