Ostéopathie

La respiration, comme chacun sait, est un mécanisme vital. Elle permet à l’organisme d’absorber l’oxygène (O2) indispensable à la vie de chacune de nos cellules, et de rejeter le dioxyde de carbone (CO2) produit par le métabolisme. Un manque d’oxygène se traduit surtout par un manque d’énergie pour les cellules, un surplus de CO2 augmente l’acidité du sang. A la longue, une respiration déficiente se traduit par un ralentissement de toutes les fonctions de l’organisme. Apparaissent ensuite des dysfonctions de certains processus liés à la modification des conditions d’équilibre, appelées homéostasie, qui permettent à l’ensemble des réactions chimiques et physiques du corps de se produire de façon optimale. On peut constater des lenteurs digestives, un moins bon transit, une fatigue chronique, des crampes ou des courbatures récalcitrantes, des tendinites, des jambes lourdes, une sensibilité au froid, des maux de tête, des douleurs cervicales, lombaires, etc.. Il importe donc de s’exercer à respirer correctement.

Une mécanique complexe :

La respiration est composée de deux mouvements : inspiration et expiration. L’inspiration est systématiquement active, c’est-à-dire qu’elle résulte de contractions musculaires, alors que l’expiration est le plus souvent passive.

Le muscle principal de l’inspiration est le diaphragme. Le diaphragme est un muscle en forme de coupole qui s’insère sur les six dernières côtes et les trois premières vertèbres lombaires.

A l’inspiration, le diaphragme se contracte et s’abaisse. Son abaissement comprime la cavité abdominale, repousse l’abdomen vers l’avant ce qui donne cette image de respiration abdominale et augmente ainsi le niveau de pression. Quand les pressions abdominales et thoraciques sont équilibrées, le diaphragme continue sa contraction en repoussant les dernières côtes vers l’extérieur induisant ainsi une expansion de la cage thoracique et une élévation du sternum. 

Pour bien fonctionner le diaphragme prend appui sur deux piliers qui sont ses insertions musculaires au niveau des vertèbres lombaires, et travaille en synergie avec le muscle carré des lombes et les muscles intercostaux.

Quand l’activité nécessite une alimentation en O2 plus importante, l’activité du diaphragme est couplée à une série de muscles dits « inspirateurs accessoires » : les muscles scalènes, petit et grand pectoral, le SCOM (sterno-cléido-occipito-mastoïdien) qui élèvent la partie supérieure de la cage thoracique.

A l’expiration non forcée, le muscle diaphragme se relâche et la rééquilibration naturelle des pressions entre les cages thoraciques et abdominales éjecte l’air chargé en CO2. Ce type d’expiration est dite passive c’est-à-dire qu’il ne fait pas appel à une contraction musculaire. En revanche, dans le cadre d’une activité physique plus intense, d’un événement stressant ou d’un travail spécifique de la respiration, les muscles intercostaux et le transverse (muscle de la ceinture abdominale) peuvent intervenir à l’expiration.

Un rôle important dans la physiologie :

Au-delà de la ventilation, apport d’oxygène et rejet de dioxyde de carbone, la respiration diaphragmatique joue un rôle important dans d’autres fonctions de l’organisme :

- elle participe à une bonne digestion en assurant une bonne mobilité des organes tels que l’estomac, l’intestin grêle ;
- elle accélère le transit en effectuant un massage du colon au gré des inspirations expirations ;
- elle favorise le retour veineux et lymphatique toujours par la compression et décompression des zones de reflux de ces fluides au niveau de l’abdomen ;
- elle stimule le système nerveux parasympathique, chef d’orchestre de tous les organes ;
- quand elle est lente, elle favorise la relaxation par son effet sur ce même système nerveux qui contrôle le rythme cardiaque ;

La respiration au quotidien : souvent thoracique avant d’être abdominale

L’accumulation des contraintes vestimentaires, des diktats de la mode, le stress, la promiscuité ont tendance à favoriser une respiration essentiellement thoracique via les inspirateurs accessoires. Bien que suffisante pour « survivre », elle shunte les fonctions de la respiration diaphragmatique citées ci-dessus. De plus, la sur-sollicitation des muscles inspirateurs accessoires générée par la respiration thoracique induit une hypertonicité de ceux-ci. Ces muscles peuvent alors être douloureux, mais surtout comprimer les zones avec lesquelles ils sont en rapport du fait de leur contraction excessive et quasi permanente. Les scalènes, les SCOM vont avoir tendance à comprimer les cervicales, la base du crâne, l’orifice supérieur du thorax. Ces zones sont le passage de vaisseaux et de nerfs qui peuvent souffrir à la longue et générer des douleurs ou des gênes, cervicalgies, céphalées, douleurs dans les bras, lourdeurs des avant-bras. Le grand et le petit pectoral hypertoniques vont être responsables d’une posture en enroulement des épaules et fermeture du sternum qui peut également favoriser la compression des nerfs du membre supérieur mais aussi induire des douleurs thoraciques hautes, des troubles de la digestion, des cervicalgies, etc.

Inversement, la posture peut influer la mécanique inspiratoire. Une position assise en enroulement (avachi devant l’ordinateur) va bloquer l’abaissement du diaphragme et obliger à une respiration haute. Mais une position trop en lordose va également pénaliser l’action du diaphragme qui ne pourra s’appuyer sur ses piliers.

L’action ostéopathique

Il n’est pas fréquent de consulter en ostéopathie pour améliorer sa respiration. En revanche, un certain nombre de motifs courants tels que : cervicalgie, dorsalgie, lombalgie, décharges électriques dans les bras, fatigue, maux de têtes, etc. vont nous amener inclure dans nos tests une évaluation de la qualité de votre respiration. Les douleurs sont souvent multi-factorielles. En ce qui concerne les dysfonctions de la respiration, notre action pourra être directe sur les muscles de la respiration : le diaphragme s’il s’avère dysfonctionnel, les inspirateurs accessoires. Mais elle inclura aussi tous les éléments de posture qui participent d’une respiration non optimale.

Si votre respiration est majoritairement thoracique, l’ostéopathe vous fera ressentir la respiration abdominale. Il s’assurera en séance que la pratique est intégrée afin que vous puissiez la reproduire chez vous. En effet, la respiration est une activité automatique. Une fois les éléments mécaniques corrigés, il faut modifier l’automatisme afin que les dysfonctions ne se réinstallent pas. C’est pourquoi, votre ostéopathe vous donnera des « devoirs à maison » personnalisés qui permettront d’assurer une pérennité du traitement. 


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